Homélie du Fr. Augustin – dimanche 13 mail 2021 – 11ème Dimanche du Temps Ordinaire

Ez 17, 22-24 | 2 Co 5, 6-10 | Mc 4, 26-34

Chers frères et sœurs,

Nous sommes à la moitié du mois de juin. Le soleil a brillé de mille feux. Les fleurs s’épanouissent partout et les agriculteurs travaillent dans les champs.

Vous l’avez peut-être remarqué, il y a beaucoup de coquelicots à voir cette année.

L’image que Jésus évoque dans l’évangile est donc reconnaissable pour nous.

Peut-être avez-vous semé des graines dans votre jardin ? Pour les enfants, cela est assurément une activité amusante et éducative, mais qui demande de la patience. Les plantes ne naissent pas en un jour.

Une fois les graines semées, il n’y a plus grand chose à faire, sauf peut-être arroser de temps en temps.
Il en est ainsi de notre foi. La foi est un don, donné gratuitement par Dieu.

Beaucoup dépend de notre volonté d’accueillir ce don. Dieu plante une graine dans nos cœurs, mais que va-t-il y trouver ?

Assurons-nous que la graine trouvera un sol fertile. C’est-à-dire un cœur débordant d’amour, de miséricorde, de douceur. Un cœur ouvert et non fermé.

Toutes sortes de choses peuvent nous arriver dans la vie qui endurcissent notre cœur. Parfois, on a l’impression de perdre le contrôle.

Prions pour que Dieu nous soutienne dans ces moments-là et, comme le dit le prophète Ezéchiel (Ez 36,26), qu’il nous donne un cœur nouveau, qu’il enlève notre cœur de pierre, et nous donne en échange un cœur de chair.

Avec un sol aussi fertile, la graine de la foi germera et prendra racine.

Bien sûr, la plante doit être arrosée de temps en temps pour qu’elle puisse se développer.

La plante de la foi pousse grâce aux ruisseaux d’eau vive que le Seigneur lui-même fait couler sur nous.

C’est-à-dire, sa grâce. C’est le ruisseau d’eau vive qu’Ézéchiel a vu couler du temple (Ez 47,1) et le sang et l’eau coulant du côté de Jésus sur la croix (Jn 19,34) qui nourrissent notre foi.

C’est le sacrement de l’Eucharistie par excellence qui nous donne cette grâce de grandir.

C’est le sacrement de la réconciliation qui arrache les mauvaises herbes. Pour que notre plante ne soit pas étouffée et qu’elle ait la place de grandir dans la liberté des enfants de Dieu.

Quand notre plante de foi se fragilise et risque de tomber, alors il peut être sage de la laisser guider par le treillage de la Parole de Dieu, par la Bible. Elle est là pour maintenir notre foi lorsque des vents tempétueux soufflent. Elle est là pour nous montrer le chemin quand notre foi grandit. Elle montre le chemin vers le haut, vers la lumière.

Et oui, il peut y avoir des périodes de sécheresse où nous avons soif de la grâce de Dieu mais nous ne sommes pas ouverts à la recevoir. La plante de notre foi peut se dessécher à cause de cela.

Mais n’ayez pas peur ! Pour Dieu, il n’est jamais trop tard. Comme le dit Dieu dans la première lecture d’aujourd’hui : je fais … reverdir l’arbre sec (Ez 17,24).

Au bord du torrent de l’eau vive qui vient de Dieu “toutes sortes d’arbres fruitiers pousseront ; leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne manqueront pas. Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux” (Ez 47,12).

Et c’est exactement ce qui se passera à la fin, si nous permettons à la grâce de Dieu de couler sur nous. Notre foi va grandir et produire du fruit.

« Les fruits seront une nourriture, et les feuilles un remède » (Ez 47,12) pour nous-mêmes et pour tous ceux qui nous entourent. De plus, les fruits apportent de la joie. Ils sont beaux à regarder avec leurs couleurs, ils ont un goût doux et ils sont rafraîchissants lorsqu’il fait chaud. En bref, ils donnent une qualité de vie.

Mais quels sont exactement ces fruits ?

Ce sont les fruits du Saint-Esprit : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi (cf. Gal 5,22).

Enfin, n’oublions pas que les fruits eux-mêmes portent des graines. En partageant avec d’autres les fruits de notre foi, nous coopérons avec la grâce de Dieu, pour que quelqu’un d’autre soit aussi “comme un arbre planté près d’un ruisseau, qui donne du fruit en son temps”(Ps 1,3).

Et ainsi vous voyez comment Dieu établit lentement son royaume. Cela reste quand même un mystère. Nuit et jour, que vous dormiez ou que vous vous leviez, la semence germe et grandit. C’est le miracle de la création de Dieu. Puissent les coquelicots nous le rappeler. Amen.

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