Homélie du Père Augustin du dimanche 3 septembre 2023

Dimanche, 22ème Semaine du Temps Ordinaire — Année A

Jr 20, 7-9
Ps 62 (63), 2, 3-4, 5-6, 8-9
Rm 12, 1-2
Mt 16, 21-27

« Seigneur, tu m’as séduit, et j’ai été séduit ; tu m’as saisi, et tu as réussi. » (Jr 20,7)

Chers frères et sœurs,

Les mots de la première lecture décrivent bien ce que signifie répondre à une vocation, quelle qu’elle soit.

Tout d’abord, il y a l’initiative du Seigneur qui nous appelle. Parfois, nous ne le comprenons pas. Parfois aussi, nous luttons même un peu. Mais l’appel du Seigneur est finalement suivi d’une réponse de notre part. Bien que nous répondions librement à son appel, nous avons l’impression qu’il nous a saisis.

Pourquoi ?

Parce qu’il a mis un désir fort dans nos cœurs. Le désir est si fort que le Psalmiste dit que son âme a soif du Seigneur, son Dieu (Ps 62,2b) et que l’amour de Dieu vaut mieux que la vie (Ps 62,4).

Ce désir s’exprime différemment : dans le désir de vie, le désir de vérité, le désir de beauté et le désir de bonté. Tous ces désirs nous conduisent finalement à Dieu.

La route est un peu différente pour chacun d’entre nous. En effet, bien que notre destination soit la même, la vie éternelle, nos vies sont façonnées différemment : certains se marient, d’autres sont célibataires, d’autres encore deviennent prêtres ou religieux.

Dans une société fortement sécularisée, où Dieu semble avoir disparu de la vie de beaucoup, il est tentant de perdre espoir lorsque nous subissons des épreuves sur notre chemin. Mais le message chrétien est précisément que nous accédons à la gloire par le chemin de la croix. Qu’après la mort, il y a la résurrection.

Le manque de soutien de la société ne doit pas nous décourager. Au contraire, l’un des plus grands apôtres, Saint Paul, en parle déjà lorsqu’il dit : « Ne prenez pas pour modèle le monde présent » (Rm 12,2).

Non, frères et sœurs, nous ne sommes pas appelés pour le temporel. Nous sommes appelés pour l’éternité. Et c’est dans la perspective de l’éternité que nous devons penser notre vie. Ne vous laissez donc jamais décourager par les difficultés de ces temps.

Dieu vous a appelés. Vous êtes un peuple de prêtres, un peuple de rois, une assemblée de saints. Vous êtes le peuple de Dieu ! Un peuple destiné au salut. Le salut de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière (1 P 2,9).

Cela commence dès le baptême. Et après, chacun a son propre chemin à suivre, mais toujours avec le Christ et avec son Église.

Et si nous nous appelons le peuple de Dieu, cela signifie aussi que nous devons témoigner de lui dans notre vie. Il ne suffit pas de parler de lui. Nos actes doivent montrer que nous vivons en communion avec le Seigneur, que nos âmes s’attachent au Seigneur, comme le dit le Psalmiste (Ps 62,9).

Les sacrements sont là par excellence pour nous aider à entrer dans cette communion avec Dieu, même lorsque nous avons du mal ou que nous tombons parfois. Le Seigneur nous aide à nous relever. Il nous tend la main. A nous de saisir la main tendue. Cela peut se faire dans le cadre du sacrement de réconciliation. Puis, dans l’Eucharistie, il s’offre lui-même.

Dans notre communauté de Fribourg, en Suisse, il y a un frère qui dit toujours deux choses : la vie est belle. Et : La vie n’est pas facile. À première vue, ces deux choses semblent se contredire. Mais la vie du Christ montre qu’il n’en est pas forcément ainsi. Avant d’être glorifié, il a d’abord subi sa passion. Dans l’Eucharistie, nous recevons le corps glorifié du Seigneur, mais n’oublions pas que le Seigneur a institué l’Eucharistie au soir de sa passion et que ce sacrement est aussi le fruit de sa mort en sacrifice.

Par notre baptême, nous appartenons au Christ. Nous sommes son peuple. Alors, nous sommes appelés à lui ressembler de plus en plus, et dans sa passion, et dans sa résurrection. Le Christ dit : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Mt 16,24).

Et Saint Paul dit : « Je vous exhorte, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu » (Rm 12,1).

En bref, la vocation et le sacrifice vont de pair. Chacun de nous le sait. Que nous soyons mariés ou, comme moi hier, ordonnés prêtres.

Cherchez la voie que le Christ vous propose, essayez de découvrir le désir de Dieu en vous et réfléchissez déjà aux sacrifices que vous êtes prêts à faire.

Ainsi, nous discernerons « quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait » (Rm 12,2).

Que Dieu accomplisse son œuvre, qu’il a déjà commencée en nous. Amen.