La naissance de Jésus | décembre 2019

Veillée de Noël et messe de l’Aurore

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,1-20

Nous aimerions vous proposer une démarche permettant de s’approcher d’une manière toute personnelle, du texte de la naissance de Jésus selon Saint Luc.

Nous pourrions commencer par lire tranquillement ce texte à un moment libre de toutes préoccupations : si notre esprit reste occupé, rien ne pourra y rentrer.

Une première approche du texte est de le contempler, comme on contemplerait un beau paysage, un coucher de soleil ou une œuvre d’art. Pour cela, deux techniques de contemplation peuvent être mises à contribution :

 

  • mes cinq sens seront à fleur de peau afin de faire naître, une/plusieurs réactions/émotions pendant la contemplation de la scène ; vivre la scène depuis son intérieur, depuis ce qui touche à ma vie, est primordial.
  • Ou bien voir les personnages, écouter ce qu’ils disent, regarder ce qu’ils font. Pour cela, je peux me glisser dans la scène mais vu de loin, ou alors de plus près, comme spectateur, ou alors acteur même de la scène. Tout cela permettra de laisser retentir en moi cette scène pour en tirer profit.

Une approche alternative mais plus active, de ce même texte, nous permettra de le méditer : noter le ou les mots, phrases, paragraphes qui m’ont touché parce que, par exemple, ces mots me renvoient à un souvenir de mon enfance, ou bien je ne les comprends pas, ou ils me renvoient à une partie de ma vie que j’ai vécue récemment, ou bien ces mots me révoltent… : j’utilise alors ma mémoire, mon cœur, mon intelligence en essayant de sentir et goûter les choses intérieurement.

Les pistes proposées en italique (inspirées de méditations de l’Avent 2015 par le Père Miguel Roland-Gosselin, s.j) serviront à guider mes pas et à m’ouvrir à la recherche de la demeure de Dieu mais c’est la Parole de Dieu dans l’Évangile qui doit garder la première place dans ma prière.  Je garde les pistes qui ont du sens, un goût ou qui me parlent.

Au cours du mois, je peux reprendre cette méditation, et laisser d’autres passages me parler.

Je commence mon temps de prière par une “demande de grâce” : je demande par exemple à Dieu, en ce temps de l’Avent, de me préparer à la joie de Noël, de me faire sentir que c’est aussi aujourd’hui que son Fils vient dans ma vie et m’appelle à le suivre, ou toute autre demande importante pour moi en ce moment.

« En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre – ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. – Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.

Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David. »

Arrêtons-nous pour méditer un instant.

« Joseph, de la maison et de la lignée de David » … Jésus est enraciné dans l’histoire, sa venue s’est préparée au fil des siècles (et continue de se préparer) dans le cœur des hommes. Au fil des siècles, au fil des pages de la Bible, la Parole de Dieu a fait son chemin.

Or voilà qu’un jour à Nazareth, l’Esprit a arrêté sa course pour se reposer sur Marie. Dans le sein de Marie, Dieu a trouvé où « planter sa tente » ; une terre où sa Parole peut descendre et germer.

Je contemple la patience de Dieu et comment aussi mon Histoire Sainte s’est nourrie de mes racines, de mes rencontres, de l’amour patient de Dieu pour moi ….     

« Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.

Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli.

Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. »

 Arrêtons-nous quelques instants pour méditer cela. La naissance de Jésus est décrite très sobrement, dans le dénuement d’un logement et dans la solitude. C’est Marie qui emmaillote elle-même le nouveau-né alors qu’une jeune accouchée était toujours entourée de femmes lui venant en aide.

Jésus naît dans la nuit. Et l’étoile de Noël n’est en vérité qu’une petite étincelle dans la nuit. Avec mon imagination, je contemple Dieu entrer discrètement dans l’Histoire des hommes. Au cœur de ma vie, Dieu est aussi là, avec la même discrétion. Comment suis-je attentif à sa présence, à le chercher, à l’accueillir ?

« Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte.

Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. » »

Les premiers avertis de la naissance du Messie sont des bergers. Je les imagine un instant, enroulés dans leurs couvertures, seuls à l’écart de la ville, entourés de leurs bêtes. Au dépouillement de la nuit de Bethléem répond la manifestation de la gloire du Seigneur qui les enveloppe de lumière. Le contraste est saisissant entre l’extrême discrétion de la naissance et les chants de louange des anges que nous entonnons la nuit de Noël avec tant de ferveur ! Bien plus, il est annoncé « une bonne nouvelle… une grande joie pour tout le peuple ». Que représente pour moi aujourd’hui cette bonne nouvelle, cette grande joie ?

« Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’événement que le Seigneur nous a fait connaître. »

Ils se hâtèrent d’y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. »

Je contemple longuement moi aussi la nativité du Seigneur. Je prends place auprès des bergers : « Et moi, me faire un petit pauvre… qui les regarde, les contemple…comme si je me trouvais présent, avec tout le respect possible. » (Exercices Spirituels n° 114). Est-ce que j’ai un cœur de pauvre pour reconnaître en cet enfant nouveau-né un sauveur pour tous ? La formidable promesse de cet enfant qui va faire toute chose nouvelle. Ne saura-t-il pas, lui, inventer enfin l’humanité heureuse et fraternelle ?

Et je regarde Marie et Joseph.

J’entre dans la joie de Marie. Marie du Magnificat, celle que « toutes les générations diront bienheureuse ».Marie est la figure de notre humanité dans sa beauté originelle – notre humanité telle que Dieu l’aime et l’attend –, ouverte et disponible comme une page blanche, sur laquelle Dieu peut écrire enfin tout ce qu’il a à dire. Oui, vraiment, « réjouis-toi, Marie. »

Quant à Joseph, il est juste de le contempler aussi. Dans les évangiles, l’un et l’autre ont droit à une « annonciation » particulière, en Luc pour Marie, en Matthieu pour Joseph. Ils sont unis, non par la chair et le sang, mais par la foi commune en la parole. Dans la confiance qu’ils se donnent l’un à l’autre, dans leur foi commune en Dieu, Marie et Joseph inaugurent une parenté nouvelle, celle des fils de Dieu qui « ne sont pas nés de la chair, mais de Dieu ».

« Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.

Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers.

Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.

Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé. »

Arrêtons-nous quelques instants sur ces verbes : raconter, s’étonner, retenir, méditer dans son cœur, repartir, glorifier, louer.

Marie relit tous ces événements et les médite dans son cœur.

Et moi, est-ce que je suis attentif aux appels de Dieu dans mon quotidien ? Comment est-ce que je réponds à ces appels ? Qu’est-ce que ceci me dit de mon charisme pour servir demain mes frères à la suite de Jésus ?

Je termine mon temps de prière par un “colloque” avec le Seigneur. Je mets de côté le récit contemplé pour parler au Seigneur de ce qui m’habite maintenant le cœur. Je lui dis ma joie de ce temps passé avec Lui et des lumières reçues. Je lui exprime ma reconnaissance ou bien je fais monter vers Lui une demande. Je m’entretiens avec lui comme un ami parle à son ami. Et je termine en récitant le “Notre Père” ou bien la prière d’abandon de Saint Ignace de Loyola :

« Prends, Seigneur, et reçois toute ma liberté,
ma mémoire, mon intelligence et toute ma volonté.
 Tout ce que j’ai et tout ce que je possède.
Tu me l’as donné ; à Toi, Seigneur, je le rends.
Tout est à Toi, disposes-en selon Ton entière volonté.
Donne-moi Ton amour et Ta grâce. C’est assez pour moi.»

 

 

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