L’Adoration des Mages | Janvier 2020

L’Adoration des Mages (Mt 2, 1-12)

Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous-mêmes voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. Luc 10, 23-24

Pendant l’Avent, nous vous avions invité à contempler ou méditer le récit de la naissance de Jésus dans l’Evangile de Saint Luc 2, 1-20.

Pour ce mois de janvier où nous fêtons l’Epiphanie, nous vous proposons un autre point de départ pour aller à la rencontre de Dieu tout en prolongeant cette contemplation de la venue du Messie : une magnifique peinture de l’Adoration des Mages (le texte se trouve dans Saint Matthieu 2, 1-12) par le peintre primitif flamand du XVe siècle, Rogier van der Weyden.

L’adoration, c’est la participation de l’homme à cette universalité du salut où Dieu permet à l’homme d’exprimer sa foi en lui !

Panneau central du retable de Sainte Colombe
peint par Rogier van der Weyden vers 1445

Avant cela, nous aimerions vous donner quelques pistes en complément ou précisant les points déjà évoqués lors de la méditation du texte de la naissance de Jésus selon Saint Luc 2, 1-20.

Un point important est « La préparation de la prière » : en effet, une rencontre se prépare !! Avant même de partir, il faut savoir où se retrouver ? A quelle heure ? ….

SE PREPARER

Deux fermiers priaient pour qu’il pleuve pendant un temps de sécheresse. Mais seulement l’un des deux a pris le temps depréparer son champ pour recevoir la pluie. D’après vous, lequel des deux a été exaucé ? Ainsi, nous vous proposons les étapes suivantes pour se préparer à retrouver le Christ :

1/ Choisir un lieu dans lequel on se sent bien, où il ne fera ni trop chaud, ni trop froid, suffisamment éloigné de toute source de dérangement potentiel.

2/ Choisir un temps dans la journée.

3/ Choisir une durée pour la prière et une position.

4/ Regarder l’image. Repérer les gens, les attitudes, l’environnement. Ne pas hésiter à contextualiser le texte/l’image. Lire par exemple l’annonce de la naissance de Jésus à Joseph et le récit de massacre des enfants (Mt 1, 18 – 2, 18).

La lecture du tableau proposée par Foi et Culture, service du diocèse de Pontoise, peut mettre tous nos sens en éveil https://www.catholique95.fr/prier-et-celebrer/foi-et-culture

Que voyons-nous ?

Au fond, un paysage avec une ville flamande du Moyen-Age laisse voir différents personnages vaquant à leurs occupations.

Au premier plan, une étable à demi ruinée sert de décor à la scène de la visite des mages ; la couleur rouge domine dans cette composition centrée autour de la Vierge.

La Vierge Marie vêtue d’un manteau bleu nuit, auréolée de rayons d’or porte l’Enfant Jésus contre son épaule ; la main sur le cœur, elle contemple son enfant et l’offre au regard de tous.

Joseph, légèrement en retrait, est vêtu d’un grand manteau rouge et tient à la main sa coiffe et sa canne ; il regarde la scène et reçoit les présents dont l’un est déjà posé sur la crédence près de lui.

L’enfant est nu ; quelques rayons d’or lui tiennent lieu d’auréole.

Les mages, richement vêtus de manteaux et pourpoints de brocarts, se sont découverts en s’approchant de l’enfant.
Le plus âgé est à genoux, profondément incliné ; il tient les pieds de l’enfant et lève la petite main pour la porter à ses lèvres.
Le second est en mouvement de prosternation ; il tient dans sa main un calice en or ciselé.
Le plus jeune a gardé ses fins éperons et son sabre attaché par une chaînette en or ; il se tient droit et fier ; l’artiste le dépeint au moment où il se découvre et reçoit de son page le présent qu’il va offrir.

 Au second plan, toute une foule en cortège, escorte des mages ou simples curieux, se presse aussi pour voir l’enfant.

Derrière Joseph en retrait un homme simplement vêtu et chapelet en mains est en prière ; probablement le donateur du tableau.

L’âne, le bœuf sont présents comme le veut la tradition ; la levrette indique le rang social élevé des visiteurs.

L’étable est ouverte aux quatre vents : elle apparaît délabrée, presqu’en ruine. Sur un montant, un crucifix est accroché. A l’intérieur, la mangeoire qui sert de litière a la forme d’un tombeau.

Au-dessus de l’étable on retrouve l’étoile qui a guidé les mages.

5/ Dans le cas d’une méditation, sélectionner 2 ou 3 points maximum, points qui font sens pour moi aujourd’hui. Je ne suis pas tenu de suivre tous les points, mais je m’arrête où j’ai du goût.

Nous avons préparé quelques points personnels pour ce tableau, mais c’est à chacun de laisser résonner son histoire, de laisser descendre ce qu’il ressent de la tête au cœur :

  • L’étoile de Noël se voit à peine maintenant qu’elle a conduit au Christ. Elle semble s’effacer comme Jean Baptiste s’abaissera pour que le Christ soit élevé. Et moi, quelles étoiles, quels Jean- Baptiste m’ont conduit à Jésus ?
  • Les mages, à des âges différents de la vie. Le plus âgé est le plus proche de Jésus. Et moi, où en suis-je de ma vie de femme et d’homme avec Jésus ? Qu’est-ce que j’ai à lui offrir aujourd’hui ?
  • Joseph, debout, avec sa canne … prêt à partir pour protéger la Sainte Famille … C’est une lourde responsabilité. Je me remémore des décisions à prendre qui ont impacté sur ma famille : comment est-ce que j’accueille ces responsabilités familiales au quotidien ?

A quelle hauteur ma foi m’a aidé ?

  • Marie est là … Elle est si belle … Elle médite toutes ces choses en son cœur et regarde le Sauveur. Elle contemple, elle adore, elle embrasse Dieu en Jésus. Ai-je aussi conscience d’avoir, comme Marie a Dieu dans ses mains, un trésor dans les miennes ? Néanmoins, Marie met en avant Jésus, son trésor, et le laisse se faire toucher la main par un Mage, un inconnu : Marie continue à faire preuve de confiance. Dans les pays tourmentés où les chrétiens sont persécutés, jusqu’à quel point je serais capable de clamer haut et fort que je fais partie de cette Église?

6/ Se rendre à son lieu de prière au moment où on l’a décidé : le lieu de préparation et le lieu de prière sont 2 lieux différents.

SE DISPOSER

Au tout début de mon temps de prière, dans le lieu choisi, je me dispose à me mettre en présence de Dieu par une génuflexion, un signe de croix, une prière intérieure …

Je formule une “demande de grâce” qui exprimera mon désir au moment même où je commence ma prière, par exemple ici la grâce de savoir, comme les Mages, me mettre en marche vers Jésus, me prosterner devant le Christ et repartir sur mes chemins de vie.

CORPS DE LA PRIERE

Je contemple le tableau.

Nous vous rappelons brièvement les 2 techniques possibles de contemplation :

  • mes cinq sens seront à fleur de peau  (en n’oubliant pas l’odorat et le goût) afin de faire naître, une/plusieurs réactions/émotions pendant la contemplation de la scène ; vivre la scène, à partir de ce qui touche à ma vie, est primordial.
  • ou bien voir les personnages, écouter ce qu’ils disent, regarder ce qu’ils font. Pour cela, je peux me glisser dans la scène, vu de loin ou alors de plus près, comme spectateur ou même acteur de la scène. Tout cela permettra de laisser retentir en moi cette scène pour en tirer profit.

Je peux m’aider des points ci-dessus donnés si je ne progresse plus dans la contemplation.

FIN DE LA PRIERE

Comme pour la méditation, je termine mon temps de prière par un “colloque” avec le Seigneur. Parler au Seigneur dans un cœur à cœur ; c’est un dialogue intime comme on parle à quelqu’un que l’on aime.

Et je termine en récitant le “Notre Père” ou bien la prière de Saint Augustin pour l’Épiphanie :

« Viens, montre-Toi à moi, je Te verrai, Toi, la Joie de mon coeur.

Je Te connaîtrai comme Tu me connais.
Je Te verrai, Lumière de mes yeux.
Viens, montre-Toi à moi, je Te verrai, Toi, la Joie de mon coeur.

Je Te trouverai enfin, ô mon Dieu,
je Te retiendrai, Toi que je désire.
Viens, montre-Toi à moi, je Te verrai, Toi, la Joie de mon coeur.

Illumine mes yeux, ô Lumière divine,
que je ne voie plus les vanités…
Viens, montre-Toi à moi, je Te verrai, Toi, la Joie de mon coeur.

Donne-moi un coeur qui pense à  Toi,
une intelligence qui Te comprenne…
Viens, montre-Toi à  moi, je Te verrai, Toi, la Joie de mon coeur. »

Au cours du mois, je peux reprendre cette contemplation, et laisser d’autres scènes me parler.

 

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