Les missionnaires étrangers n’ont pas l’habitude de voir des églises vides

Un jour chaque mois, un groupe de 16 missionnaires d’origine étrangère se retrouve dans le bâtiment « Erasmus » de l’université Radboud, à Nimègue, pour des cours sur l’histoire et les traditions de l’Église catholique aux Pays-Bas.

Il est révolu, le temps où les missionnaires néerlandais partaient en grand nombre en Afrique, en Asie et en Amérique Latine. Maintenant que les églises aux Pays-Bas se vident, les institutions religieuses néerlandaises accueillent de plus en plus de missionnaires étrangers.

Un jour chaque mois, un groupe de 16 missionnaires se retrouve dans le bâtiment « Erasmus ». Ils viennent de 9 pays différents et de 6 institutions religieuses. Du mois de février au mois de juillet, ils suivent des cours sur des sujets aussi variés que la sécularisation, la position de la femme, ou l’abus sexuel dans l’église néerlandaise. Entre les cours, ils partagent un repas de soupe et de petits pains.

Les missionnaires, venus de la Pologne, de l’Afrique ou de l’Asie, ont grandi loin d’ici. A présent, ils servent Dieu au sein de l’Église néerlandaise, à Roosendaal, ou à Heerenveen. Sous le bas plafond, ils attendent en silence le début du cours sur l’œcuménisme aux Pays-Bas.

Callistus Offor, du Nigeria, est aux Pays-Bas depuis deux ans, et travaille comme vicaire à la paroisse de Cuijk. « En tant que nouveau venu, il est important que nous connaissions mieux l’histoire religieuse des Pays-Bas », dit-il. « Pour le moment, je devrais rester aux Pays-Bas. Mais cela peut changer, car nous sommes des missionnaires ».

Église charismatique

Le cours a commencé. Peter Nissen, théologien et historien de l’Église, parle calmement, pour que tous puissent suivre son discours. « Pendant très longtemps, la religion a joué un rôle important aux Pays-Bas. Chaque Église avait ses propres organisations, ses écoles et ses universités. Il était impensable qu’un catholique achetait son pain chez le boulanger protestant ».

Ce temps n’existe plus, comme le montrent les chiffres que donne M. Nissen. « Sur 4500 églises environ que nous avons aux Pays-Bas, 1100 seront probablement fermées : elles auront une utilisation différente, ou elles seront démolies. Seulement 5 pourcent des catholiques répertoriés vont encore à l’église. Beaucoup de jeunes ne connaissent même plus les histoires de la Bible »

‘Il est bon de savoir que tu n’es pas la seule à être dans cette situation’

Sœur Theresia Henriquez, la seule femme du groupe, reconnaît clairement l’histoire de M. Nissen. « J’ai l’habitude d’une église plus charismatique », dit-elle. « Aux Antilles néerlandaises, les fidèles bougent plus dans l’église. Ici, c’est plus calme, mais ce n’est pas mal ». Sr. Henriquez tient beaucoup à ces cours mensuels du vendredi. « Il est bon de savoir que tu n’es pas la seule à être dans cette situation »

Aux Antilles Néerlandaises, les fidèles bougent plus, dans l’église.

Quand M. Nissen raconte que l’Église protestante aux Pays-Bas connaît environ 650 courants différents, le Père Titus Ikyomke prend des notes. Il y a 4 ans, il a déménagé du Nigéria à Heerenveen. « Beaucoup de gens en Frise ont reçu une éducation protestante, même s’ils sont catholiques. Cela se remarque dans leur façon de penser et d’agir. Il est intéressant de connaître l’origine de leur situation »

Cours d’inculturation ecclésiale

C’est la troisième fois déjà que l’institut de Nimègue pour les sciences de la Mission organise le cours d’inculturation ecclésiale. « Avant, c’était le devoir des autorités, maintenant, nous avons pris la relève », nous dit Frans Wijsen, professeur des sciences de la religion pratiques. Aux Pays-Bas, il y a près de 500 prêtres étrangers. Chaque année, entre 10 et 15 s’y rajoutent. « Souvent, ces missionnaires viennent de pays catholiques, comme la Pologne, le Nigéria et le Congo », nous dit le Pr. Wijsen. « Ils n’ont pas l’habitude de voir si peu de gens dans l’église ». Dans un effort de développer les connaissances de la langue, ces cours sont donnés en néerlandais.

Traduction d’un article dans « Vox » – Onafhankelijk magazine van de Radbout Universiteit du 13 juin 2019

 

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