Homélie du dimanche 24 novembre 2019 | Solennité de Christ Roi

La solennité de Christ Roi que nous fêtons aujourd’hui, mérite quelques explications pour nous tous qui vivons 2000 ans plus tard. A notre époque un roi n’a qu’un pouvoir cérémoniel. Il représente son pays à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières . Mais il ne peut rien ordonner, il ne peut pas faire de jugements et ne peut même pas parler en plein public sans l’autorisation préalable du gouvernement. Vu avec les yeux de notre temps, la solennité du Christ-Roi a peu de sens.

A l’époque où Jésus vivait sur terre, un roi était un véritable souverain. Il avait tout pouvoir sur ses ressortissants. C’était lui qui décrétait les lois et les exécutait aussi, souvent selon son propre désir. Il était aussi le juge en dernière instance et c’était lui qui pouvait déclarer la guerre sans autorisation d’autres personnes. Tout le pouvoir était dans ses mains et tout ce pouvoir le  rendait tôt ou tard orgueilleux, dur et égoïste. La séduction du pouvoir est grande, nous le savons tous. Nous disposons tous à un certain moment dans notre vie d’un peu de pouvoir: dans notre travail, dans notre vie privée, dans l’église ou ailleurs. Dans la première lecture nous avons entendu comment Saul, le premier roi d’Israël, avait dévié du chemin de  Dieu en abusant de son pouvoir royal en l’utilisant  pour lui-même au lieu de le mettre au service de son peuple. C’est pourquoi Dieu avait choisi David comme successeur. Mais nous nous rappelons tous que lui aussi, est tombé. La séduction du pouvoir fit qu’il laissa tuer le mari de  Betsheba  pour pouvoir la  prendre comme épouse. Même lui, le grand roi, l’exemple par excellence d’un roi, ne put résister à la séduction du pouvoir.

Tournons-nous maintenant vers  Jésus qui est appelé roi, même roi de l’univers. Comme il dit ailleurs dans l’évangile, sa royauté n’est pas de ce monde.  Son comportement non plus car il résiste à chaque tentation d’utiliser son pouvoir pour lui- même. Et comme nous le dit la deuxième lecture d’aujourd’hui, il avait – et il a encore – un pouvoir qui dépasse tout pouvoir que jamais quelqu’un n’a eu et  que jamais quelqu’un d’autre aura . Tout est créé par lui et pour lui, dit l’apôtre Paul, et tout subsiste par lui. Et que fait- il avec ce pouvoir pour lui-même: rien! Rappelons-nous comment il a résisté aux tentations du diable au début de sa mission dans le désert. Et rappelons-nous aussi  comment il a rejeté Satan de nouveau dans le jardin de Gethsémané. Et dans l’évangile d’aujourd’hui nous avons entendu qu’il n’utilise même pas une partie infime de son pouvoir pour adoucir son horrible souffrance sur la croix. Il sait que le salut de tout homme et de toute femme dépend de sa crucifixion. Et sur la croix il accomplit encore un acte d’amour exceptionnel en sauvant un des deux malfaiteurs crucifié à côté de lui. Cela, c’est le comportement d’un roi. Un roi qui sert son peuple, qui le sert jour et nuit. Qui est même prêt à mourir pour lui.

Que veut dire cet exemple pour nous? Que signifie désormais la solennité de Christ-Roi pour nous? Il y avait un évêque français qui disait: une église qui ne sert pas, ne sert à rien. Jésus a dit lui-même ailleurs dans l’évangile que le commandement de l’amour que Dieu nous a donné, veut dire qu’il faut servir, aider tous ceux sur terre qui ont besoin de notre soutien, tous ceux qui croisent notre chemin. Le seul chemin au salut de nous tous, le seul remède contre tout abus de pouvoir des puissants de ce monde est le service envers son prochain et surtout l’aide envers  ceux qui sont négligés par notre société, les pauvres, les malades, les réfugiés, tous ceux qui sont discriminés. Amor vincit omnia, l’amour triomphe de tout, cela c’est le message clé de Jésus, le roi de l’univers. Message et mission pour toute l’église, en particulier pour ceux qui ont été appelés à l’ordination. Voilà ma propre motivation, que je contemple cette semaine où je fête mes dix ans de diaconat .

Sainte et joyeuse fête de Christ Roi pour vous tous. Chacun à une place dans la société où il ou elle peut rendre le message du Christ fertile: aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé.

Amen

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