Homélie du dimanche 6 octobre 2019

Le thème de ce dimanche est de tous les temps mais il a peut-être aujourd’hui encore plus d’actualité que jamais : augmente en nous la foi. Dans nos pays, le nombre de fidèles baisse rapidement comme nous le savons. Une raison clé est que – sous l’influence des développements technologiques et scientifiques – notre monde accepte de moins en moins les misères et les catastrophes, autant sur un niveau mondial que dans nos vies personnelles. Pourquoi tant de personnes meurent de faim dans un monde où il y a assez de nourriture pour nous tous ? Pourquoi les chefs d’état – par leur comportement egocentrique – rendent le monde de plus en plus dangereux ? Pourquoi ne peut-on pas guérir mon enfant, mon époux, ma chère épouse, pourquoi n’ont –ils pas trouvé un traitement, un médicament ? Dans un autre évangile, celui de Marc, le père d’un enfant possédé par un mauvais esprit, crie devant Jésus : « je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! » Dans l’évangile d’aujourd’hui les disciples demandent à Jésus la même chose : augmente notre foi. Et nous, qui sommes ici aujourd’hui, nous disons sans doute de temps en temps aussi : augmente notre foi en ce moment difficile de ma vie ! Les trois textes de ce dimanche nous donnent tous une réponse. Regardons-les un peu plus en détail.

Le premier texte que nous avons entendu, tiré du livre du prophète Habacuc, nous raconte ce que Dieu dit à ceux qui étaient en exil à Babylone : patientez ; le salut va venir, attendez. Patientez, cela n’est pas ce que nous voulons entendre. Nous sommes pressés, nous voulons une solution tout-de-suite. Mais le Seigneur dit : « la solution se réalisera seulement au temps fixé. Si elle parait tarder, attends-la ». Comment attendre, ma fille est malade, ma vie est en danger à cause de ceci ou cela, j’ai perdu mon travail, je ne peux plus tenir dans ma solitude, je suis refugié et je suis en train de me noyer dans la Méditerrané. Mais Dieu nous dit d’attendre. Et il donne sa consolation en disant : le juste vivra par sa fidélité. Le juste, celui ou celle qui croit en Dieu, qui tache de croire en lui dans ces moments si durs, vivra, même éternellement, cela c’est le message clé de notre foi. C’est dur à accepter qu’il faille attendre, qu’il faille accepter la souffrance et même la mort…, mais dans notre détresse, dans nos pleurs et notre désespoir Dieu nous jette la bouée de sauvetage : ceux qui croient, vivront éternellement. Même s’ils sont décédés. Patientez. Et ayez confiance dans le Seigneur.

Le deuxième texte d’aujourd’hui nous donne comme instrument pour augmenter notre foi le conseil de prendre notre part de souffrance pour l’annonce de l’évangile. Etre chrétien n’est pas toujours facile. Demandons aux chrétiens au Moyen-Orient qui sont attaqués, persécutés et même tués à cause de leur foi. Ou bien aux chrétiens du Nigeria, du Burkina Faso et du Pakistan qui se trouvent dans la même situation. Nous ici en Europe de l’Ouest, nous vivons en général en sécurité. Le seul grand ennui pour les chrétiens d’ici est qu’ils sont considérés comme rêveurs, irréalistes et que la voix des églises est de moins en moins entendue dans le débat public. Par conséquent, nous voyons que notre société devient de plus en plus relativiste, laxiste, permissive comme nous avons vu en France la semaine dernière par l’adoption de la loi de la PMA, la procréation médicalement assistée. Aujourd’hui il y aura une fois de plus une grande démonstration contre cette loi, qui n’est pas encore approuvé par le Senat en France. La mission qui nous est donnée par le Christ même – baptiser toute personne et leurs apprendre l’évangile – deviendra de plus en plus difficile mais cela ne devrait pas nous décevoir. Au contraire : cela devrait nous stimuler de trouver de nouvelles voies pour la proclamer. Car, comme le dit St. Paul dans la deuxième lecture, ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné mais un esprit de force, d’amour et de raison. Prenons donc notre part dans la souffrance pour l’annonce de l’évangile et cela augmentera notre foi.

Le troisième texte d’aujourd’hui – l’évangile – nous donne également un message important pour augmenter notre foi : travaillez comme des bons serviteurs du Seigneur. Jésus donne l’exemple du serviteur d’un maitre qui garde ses bêtes et qui laboure sa terre. Transposé à notre époque cela nous fait penser aux œuvres diaconales de l’église. De tous les temps les chrétiens ont pratiqué le commandement de l’amour pour nos prochain en créant des hôpitaux, en donnant de l’enseignement aux enfants, en donnant de notre richesse à ceux qui n’en ont pas. Et même de nos jours les chrétiens trouvent toujours des nouveaux moyens pour mettre cet amour en pratique : l’aide au Tiers Monde, le soutien des personnes sans domicile fixe, l’aide aux réfugiés qui se noient dans la Méditerrané, le refuge pour ceux qui sont persécutés faussement. Tout cette aide augmente notre foi car dans les yeux de ces gens en danger nous découvrons le visage du Christ qui nous encourage, console et bénit.

Sur un niveau plus spirituel l’exemple que le Christ nous donne aujourd’hui dans l’évangile du serviteur qui prépare la table et sert son maitre fait référence à l’eucharistie, le centre de resourcement de Chaque chrétien. Nous aussi, nous pouvons puiser tout-à-heure de nouveau de cette source inépuisable qui nous fortifie et qui donne la vie. Tout cela – l’aide de nos prochains et la communion avec le Christ dans l’eucharistie augmente notre foi considérablement à condition que nous ouvrions notre cœur et notre âme.

Voilà les trois grandes recommandations que les textes bibliques d’aujourd’hui nous donnent afin d’augmenter notre foi : premièrement patientez et ayez confiance car le salut va venir, même si nous ne le voyons pas dans notre détresse. Puis : prenons notre part de souffrance pour l’annonce de l’évangile. Et pour terminer : travaillons comme de bons serviteurs de Dieu, dans son église et dans le monde. Toutes ces trois recommandations vont augmenter notre foi, surtout si elles sont accompagnées par une vie de prière vivante. Et pour ceux qui pensent que leur foi n’est que petite, peut-être même très petite, le Christ nous donne dans l’évangile d’aujourd’hui un fort soutien : regardez la graine de moutarde, une toute petite graine. Si notre foi est comme cette graine de moutarde, nous pourrions tout accomplir, même dire à un grand arbre de se déraciner et se planter dans la mer et il nous obéira.

Prions pour que nous augmentions notre foi en fixant les yeux sur la croix et sur notre prochain. Et que nous ne nous laissions pas nous décevoir par les problèmes et misères du monde mais que nous patientions car notre rédemption viendra.

Amen

 

 

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