Homélie du dimanche 9 juin | Pentecôte

On n’y a pas encore pensé, mais, dans la tradition néerlandaise, nous pourrions servir du « beschuit met muisjes » (des biscottes avec des grains d’anis en dragées). C’est une tradition néerlandaise pour les naissances. On pourrait servir les grains roses, car il s’agit de la naissance d’une fille. En effet, aujourd’hui, nous célébrons la naissance de l’Église, épouse du Christ, le Corps du Christ, le Peuple de Dieu. C’est bien une naissance que nous fêtons. 2019-33, cela ferait le 1986eanniversaire de l’Église. Dans 14 ans, nous pourrions célébrer le deuxième millénaire de la naissance de l’Église. Est-ce que ce serait le début d’une nouvelle ère ?

Comme à la naissance, l’enfant quitte le sein maternel, ainsi, l’Église sort, quand Saint Pierre ouvre fenêtres et portes, pour sortir. Tout comme l’enfant à la naissance, qui commence à respirer, à pousser ses premiers cris, ainsi, l’Église commence par la proclamation dans toutes les langues de tous les peuples. Comme les parents qui montrent tout fiers le nouveau-né aux autres, ainsi, le ciel est rempli de joie, et envoie l’Église dans le monde. C’est la Pentecôte, jour de joie, dans l’Esprit Saint.

La naissance de l’Église, il y a 1986 ans. On peut se poser la question comment elle va, car elle a beaucoup vécu. Le plus grand miracle, c’est qu’elle est toujours là. Celui qui étudie l’histoire de l’Église est rempli de sentiments divers : de gratitude, d’admiration et de fierté, mais aussi de dégoût et de honte. Les sommets des saints qui ont suivi le Christ, les martyres, les témoins et des confesseurs, miracles de bonté et d’amour, d’efforts et de fidélité, de sagesse et de connaissance, alternés avec des périodes plus sombres, par la recherche de l’argent, des dirigeants avides de pouvoir et de possession, des séparations, de l’abus, de la violence, de « m’as-tu vu » et de tiédeur.

Ce que le Peuple de Dieu a vécu dans l’Ancienne Alliance, il l’a vécu aussi dans la Nouvelle Alliance. Le Peuple de la Première Alliance, lié par des liens de sang et par des frontières, balançait entre la fidélité à Dieu et la séduction des idoles, avec des rois bons et pieux, comme des rois davantage intéressés par leur gloire que par la gloire de Dieu et de son Peuple. Il en est de même avec le Peuple de la Nouvelle alliance, l’Église. Pas liés par des liens de sang ni par les frontières, les peuples ayant la même foi en Christ se sont battus, dans des guerres sans pitié, avec des millions de morts. Les Enfants de Dieu, qui se combattaient en feu et en sang.

Mais Dieu est resté fidèle à son Peuple de la Première Alliance, l’attirant chaque fois vers Lui, jusqu’à envoyer le Christ, son Fils bien-aimé, le Messie. De même, Dieu est resté fidèle à son Église. Chaque fois que nous faiblissons et que les idoles nous séduisent, nous sortons du chemin de Dieu, et nous finissons dans des guerres entre nous, à cause de l’égoïsme qui nous saisit. Et quand nous retournons vers Dieu, Il est plein de compassion, et change notre malheur en salut de Dieu.

Le fait que l’Église existe depuis 1986 ans est un miracle de Dieu, une grande preuve qu’Elle est l’épouse du Christ, du Christ qui reste fidèle à son épouse, même quand Elle cherche d’autres amants de ce monde. De nos jours, nous risquons d’oublier ce mystère, de ne plus voir ce qu’est l’Église, de ne pas nous rendre compte à quel point le Christ aime son Église. Nous regardons de plus en plus comme le monde voit l’Église : comme une association qui est passée ; comme un groupe de personnes qui tient à de vieux mythes, à des rites anciens ; comme des personnes âgées qui ne suivent plus leur temps ; comme arriérée et vouée à la mort. Mais le Christ, comment voit-il son Église, comme épouse ? Il la voit avec un regard plein d’amour, comme Dieu regarde tous ses enfants.

Et vous, comment voyez-vous l’Église ? La voyez-vous comme un fossile vivant, rigide dans sa hiérarchie, comme un squelette, qui reste debout en grinçant ? La voyez-vous comme un groupe de personnes qui ont des idées, et prennent des initiatives avec enthousiasme, mais qui sont gênées par des structures anciennes et des restes du passé ?

L’Église sur terre est le Corps vivant du Christ qui vit dans le temps, avec la vocation de faire les bonnes œuvres que Dieu lui a préparées. L’Église a sa structure, sa hiérarchie qui donne une solidité comme les os d’un corps. Les os aussi sont vivants, ils grandissent et se rétablissent, les fractures peuvent guérir et même devenir plus forts. L’Église a ses organes qui la rendent dynamique et forte ; avec son cœur, ses poumons et ses muscles, avec son cerveau et sa circulation sanguine, avec son système nerveux et son apparence extérieure. C’est cela, l’Église, comme Corps du Christ.

Lorsque vous réfléchissez à votre rôle comme bénévole, ne pensez pas à l’Église comme une association où l’on fait un peu de bénévolat pour avoir un passe-temps utile. Pensez à l’Église du Christ, pour qui Il a donné sa vie, à qui Il a donné la vie par l’Esprit Saint, chaque fois de nouveau, à qui Il reste fidèle, car Dieu mène le monde à sa perfection par l’Église. Quel que soit le travail important que vous faites dans le monde, il reste temporaire. Ce que vous faites pour la progression de l’Église de Dieu sur terre vise l’éternité, et y contribue.

Aujourd’hui, nous célébrons la naissance de l’Église. L’Esprit Saint lui donne vie, la fait chanter alléluia, la fait annoncer la parole, la pousse aux œuvres de bonté et d’amour. Participez à cette Église, soyez des pierres vivantes du Temple de Dieu, les membres vivants de son Corps, soyez l’épouse, et fêtez pleins de joie que vous faites partie du Peuple de Dieu ! Amen.

Michel Hagen

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