Homélie du dimanche 23 septembre 2018 | 25ème dimanche ordinaire

Chers amis, commençons nos méditations sur les textes biblique de ce dimanche par la question qui préoccupait les disciples de Jésus: qui est la personne la plus grande? Cela nous mène à la question: qui est la plus grande personne dans le monde d’aujourd’hui? La question n’est pas facile à répondre. Peut-être le président américain ? De toute façon il pense qu’il l’est. Mais ses adversaires de la Russie et de la Chine contestent sa position. Et chacun des trois utilise toutes sortes de moyens pour soutenir sa position, souvent des moyens diaboliques: tromperie, mensonges, toute sorte de force, corruption, meurtres.

Descendons un peu dans la société et posons-nous la question: qui est le plus grand dans notre entreprise ou dans l’organisation où nous travaillons ? Souvent les gens disent que c’est le PDG ou le directeur-général. Dans beaucoup de cas cette personne a un comportement et utilise des méthodes qui ne sont pas appréciées par ceux en dessous de lui. Justifié ou pas justifié. Parfois ces méthodes endommagent leur position, leur carrière ou leur vie de façon incorrecte.

Ceci dit, ce n’est pas facile d’être le plus grand, d’être le chef, que ça soit dans le cas des chefs des gouvernements ou des entreprises ou de l’église ou même de notre famille. Car la position du chef donne un certain pouvoir, parfois même beaucoup de pouvoir comme dans le cas des chefs des grands états qui peuvent littéralement décider sur la vie ou la mort. Mais aussi le pouvoir du chef d’une  entreprise est grand. Peut-être, il ou elle l’utilise pour des bonnes causes mais parfois peut-être aussi pour son propre intérêt. Il y a une forte tendance dans notre société, venue des pays anglo-saxonnes, de mettre l’intérêt de l’actionnaire au premier plan et de négliger les intérêts des employés, de la commune et de la terre. Cette tendance mène de plus en plus à un comportement égoïste, parfois diabolique de ceux qui ont le pouvoir. C’est la cupidité qui est stimulée et qui risque de gagner sur l’amour pour le prochain. Et les pauvres, malades, personnes âgées, les pays en voie de développement perdent. Beaucoup de problèmes de notre société actuelle sont dû au manque de contrôle – autocontrôle ou contrôle par d’autres – de ceux qui ont le pouvoir. Ou, autrement dit, car le pouvoir a des difficultés d’être contrôlé : ces problèmes sont dû au fait que notre société a oublié la valeur chrétienne de servir. Servir notre prochain, servir les personnes qui ont une position difficile comme les malades, les pauvres, les réfugiés, les personnes âgées.

Mais comment diminuer ces tendances séduisantes, parfois même diaboliques ? Car tous les  pays ont besoin de personnes qui dirigent. Et toutes les entreprises, toutes les organisations ont besoin de directeurs, de responsables. Même notre église catholique ne peut pas fonctionner dans cette société sans une bonne organisation ce qui veut dire qu’il y a des gens qui dirigent. La réponse que donne la société laïque à cette question difficile est que le pouvoir doit être partagé et contrôlé par d’autres organismes. Le pouvoir exécutif, par exemple  pour le président américain, est contrôlé par le parlement et par la Haute Cour de justice et dans un certain sens aussi par les médias. Dans une entreprise le PDG est contrôlé en théorie par les actionnaires. Mais ces mécanismes humains ne fonctionnent pas toujours bien. De plus en plus nous pouvons constater que la séduction du pouvoir, d’être le plus grand, trouve un chemin afin de réaliser ses buts. Sur un plan spirituel on pourrait dire que le Mal, le diable, joue son rôle séduisant et il arrive à tromper, à séduire. Comme il l’a essayé chez Jésus, au début de sa mission, dans le désert. Chez Jésus en vain, chez les hommes et les femmes souvent avec succès.

Dans l’évangile d’aujourd’hui Jésus nous montre la seule façon de maitriser le pouvoir que donne la position de chef. C’est une façon qui transforme le mal en bien. Jésus dit qu’il faut vouloir être serviteur. En le suivant et l’accueillant, lui, le serviteur par excellence. En l’accueillant dans l’eucharistie, en l’accueillant dans les prières et en l’accueillant dans le visage de ceux que nous rencontrons sur notre chemin de tous les jours, surtout ceux qui ont besoin d’aide. Même ceux qui ne croient pas, peuvent le rencontrer; quand ils travaillent pour le bonheur des autres, ils peuvent capter l’amour du Christ Serviteur. Mais il faut vouloir voirle besoin d’aide. Et il faut vouloir agir.  Quand nous commençons à aider, nous sentirons le bonheur que cela donne. Et petit à petit nous commençons à être transformé, à devenir un serviteur, un serviteur de Dieu.

Peut-être pensez -vous que tout cela est trop idéaliste, trop naïf, dans un monde plein de désirs de puissance. Un monde qui glorifie ceux qui sont les chefs, même si ces chefs ne servent pas le peuple mais leur propres intérêts. Et c’est vrai que le message du Christ, le message d’être serviteur de notre prochain, n’est pas toujours écouté, peut-être même pas souvent. C’est pourquoi il faudra prier, prier sans cesse pour ce monde laïque souvent égoïste. Et il faut donner l’exemple, nous tous, à notre place et avec nos propres capacités. Comme nous le faisons dans notre paroisse, dans nos familles. En aidant nos prochains quand ils ont besoin de nous. Par exemple par notre soutien aux projets dans le Tiers Monde. Par nos visites aux personnes malades ou âgées. Par nos prières universelles dans chaque messe. Par toute sorte d’autres moyens.

De temps en temps il y a des signes prometteurs dans le monde. Petit exemple aux Pays-Bas. En 2002 un professeur de philosophie écrivait un petit livre sur la spiritualité bénédictine et son importance pour la vie professionnelle. Dans ce livre il applique la règle de St. Benoit et surtout la position de l’abbé et de l’économe au travail des chefs d’entreprises. C’est la méthode du leadership serviable. Cette méthode part du principe que chaque chef doit aider ses employés à grandir, à murir, à fleurir . Comme le fait – ou bien : comme doit le faire – l’abbé, le chef du monastère. Le signe prometteur est que ce petit livre est devenu un grand succès. L’organisation du patronat aux Pays-Bas l’a pris comme exemple et a formé beaucoup de PDG’s et d’autres dirigeants dans le style de St. Benoit. Les mots d’une poète néerlandaise s’applique sur cet exemple : les douces forces gagneront à la fin. Cela, c’est notre espoir, même notre certitude.

La solution pour notre monde où le combat pour les places les plus hautes s’intensifie de plus en plus, est donc de promouvoir l’exemple du Christ. Il n’est pas venu pour être servi mais pour servir. A nous de le suivre, quel que soit notre place dans la société. Pour que notre monde devienne un avant-gout du paradis qui nous attend.

Amen

 

 

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