Homélie du dimanche 13 mai 2018 | 7ème dimanche de Pâques

Aujourd’hui, c’est un moment spécial dans l’année liturgique. Le dimanche entre l’Ascension et la Pentecôte. Le jour de l’Ascension, Jésus est retourné vers son Père et les apôtres restent seuls. Orphelins, pourrait – on dire . C’est pour cela que ce dimanche est aussi appelé dimanche orphelin . On pourrait être triste . Le Rabbi, le maitre est parti et il ne revient plus, au moins pas avant la fin du monde et cela peut prendre encore du temps.

Pourtant les apôtres ne sont ni tristes, ni confus, ni  incertains.  A la fin de l’Evangile de Saint Luc, nous lisons que après l’Ascension de Jésus, ils retournent à Jérusalem en grande joie . Ils restent aux alentours du temple et prient Dieu constamment. D’où vient cette joie et cette prière tandis que leur maitre a disparu ?

A cause de la promesse que Jésus leur a fait et qui sera accomplie à la Pentecôte. La promesse que Dieu leur enverra un défenseur, et pas n’importe quel défenseur, le Saint Esprit qui leur apprendra tout et qui leur fera comprendre tout ce que Jésus a dit et fait. Et le Saint Esprit leur donnera aussi la force de faire ce que Jésus leur a demandé : proclamer l’Evangile, la bonne nouvelle, jusqu’aux extrémités de la terre.

Et donc ils attendent et prient et se préparent à la venue du Saint Esprit. Cette préparation comprend également le choix d’un nouvel apôtre parce qu’ avec la mort de Judas Iscariote, ils ne sont plus que onze et que le chiffre saint est douze. 12 apôtres, un pour chaque tribu du peuple d’Israël. Jésus leur a dit (nous pouvons le lire dans l’évangile de Saint Luc) qu’il faut qu’ ils soient 12 . Et donc ils vont choisir un nouvel apôtre comme nous l’avons lu dans la première lecture. Cela sera Matthias . Son nom signifie : cadeau de Dieu. Avec ce nom, le choix est parfait .

Les apôtres, en attendant l’Esprit – Saint, auront souvent parlé de tout ce qu’ils ont vécu avec Jésus et de tout ce qu’il leur a appris. Et ainsi ils se rappelleront la prière de Jésus dont nous avons lu une partie dans l’Evangile d’aujourd’hui. Cette prière de Jésus à son Père est souvent appelé «  la prière sacerdotale » parce que Jésus, ici , agit comme médiateur entre Dieu et les hommes . Comme aussi le grand prêtre du peuple d’Israël était autorisé à être médiateur. Dans cette prière, Jésus résume ce qu’était sa mission sur la terre, comment il a exécuté sa mission et comment ses apôtres et avec tous ceux qui dans le futur seront ces disciples doivent continuer. Ainsi cette prière est pour nous, qui vivons au 21 esiècle, d’une grande importance et très actuelle.

Le problème avec cette prière est que le texte n’est pas très accessible. Au cours du temps , il y a eu beaucoup de commentaires et d’explications qui souvent se contredisaient. Le cardinal belge Daneels, dit dans son livre : « Laissons parler St. Jean », que cette prière ne tolère pas réellement de commentaires. On doit la lire en priant et la relire, penser et ruminer. Et nous y reconnaitrons encore et encore de nouvelles pensées.  Néanmoins je voudrais m’arrêter un peu plus longtemps sur un des points de base de cette prière . Parce que ce texte était le texte de mon ordination en tant que diacre. Et parce que ce texte est encore très actuel. Et parce que cela touche le noyau de notre foi.

La question que se posent beaucoup de gens est la suivante : pourquoi Jésus est descendu du ciel et qu’est- ce qu’il voulait nous faire comprendre? La réponse que Jésus donne dans sa prière est : Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais que tu les gardes du Mauvais. Jésus est venu vers nous – Jésus vient encore tous les jours vers nous, si nous lui demandons – pour nous préserver du mal . Pour nous guider dans la bonne direction, pour faire de la terre une sorte d’antichambre du paradis . Pour mettre en pratique le plus grand des commandements, le commandement de l’amour. En cela, nous chrétiens,  nous différons de toutes les autres religions et des incroyants. Nous croyons en l’amour et nous essayons aussi, en tombant et en nous relevant, d’exprimer cet amour en paroles et en actes. Toutes les bonnes œuvres que le monde a connues et connait encore, ont été commencées par des chrétiens et souvent les chrétiens sont les seuls qui  les continuent. Cela a commencé déjà dans les monastères oùon soignait les malades, où on éduquait les gens en leur apprenant à lire et à écrire. Les monastères qui ont propagé les règles de vie chrétienne qui ont inspiré les dirigeants des différentes nations pour écrire des lois justes et mettre en pratique une justice équitable. Et aussi à notre époque ce sont les chrétiens qui  ont mis en marche toutes les nouvelles initiatives humanitaires : les centres pour personnes battues, les banques alimentaires, les projets pour réduire les dettes des gens et il y a  encore des dizaines autres initiatives. Souvent le monde ne sait plus que les chrétiens sont à la base comme est le cas pour les droits de l’homme, les Nations-Unies, les allocations aux pauvres et les hospices.

C’est pourquoi Jésus ne veut pas que Dieu nous enlève du monde . Nous avons une tâche à accomplir, même si notre nombre dans le monde occidental, en particulier en Europe, devient de plus en plus petit. Nous pouvons, nous devons combattre le Mal. Surtout dans un monde où le Mal est si bien caché que nous le reconnaissons à peine. C’est là que la voix des chrétiens est désespérément nécessaire. Beaucoup de choses qui ont été considérées comme signes du Mal dans le passé sont minimisées ou même glorifiées aujourd’hui. Des managers qui gagnent des sommes excessives tandis qu’au bas de l’échelle, les employés ne peuvent se construire une retraite décente,  ou même ne peuvent pas avoir un revenu décent. Le gaspillage alimentaire qui est énorme dans le monde occidental, alors que encore chaque année dans le tiers monde, 10 millions d’enfants meurent de faim. Des programmes télévisés qui entrainent des divorces dû au fait que l’un des conjoints est tenté. Des leaders mondiaux qui, en raison de leur gain personnel, ignorent toutes les règles de la décence. Qui ose encore se lever et dire que c’est un péché, que c’est du Mal, peut-être avec le danger de perdre son propre travail, son propre bonheur, même sa propre vie? Eh bien : ce sont nous les chrétiens,car à nous est donné la tâche – à la suite de Jésus – de lutter dans le monde contre le Mal.

En ce dimanche faisons de la prière sacerdotale de Jésus notre propre prière : suivons-le dans sa poursuite incessante pour arrêter le Mal. C’est pour cela que nous sommes sur la terre : pour que la terre et tous ceux qui l’habitent soient gardés du Mal. Avec la puissance du Saint-Esprit qui nous sera donnée dimanche prochain comme chaque année de façon très spéciale, nous pouvons accomplir notre tâche.

Que nous soyons jeune ou senior, riche ou moins riche, blanc ou noir, notre mission est de renforcer le bien et d’arrêter le Mal. Souvenons-nous de ce que Jésus disait àses apôtres (et nous en faisons partie) : « Je serai avec vous jusque à la fin du monde ». Dimanche prochain nous aurons de nouveau la force de nous battre contre le Mal, la force du Saint Esprit, le consolateur, le Paraclet . Prions pour que nous persévérions, contre le courant.

Que nous bénissent pour cette tache le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

Amen

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