Homélie du dimanche 15 avril 2018

Chers amis, pour bien comprendre l’évangile d’aujourd’hui – et en fait toutes les évangiles du temps pascal – il suffit de se rappeler, de méditer et d’intérioriser une phrase : « le Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité! » Je vous propose que nous apprenions ensemble cette phrase aujourd’hui. Je dirai : le Christ est ressuscité et vous répondrez : Il est vraiment ressuscité! Nous le ferons trois fois maintenant. Et à la fin de la messe, avant la bénédiction finale, nous pourrons le refaire encore trois fois. Allons-y. <3 x : le Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité!>

Réciter cette phrase est depuis longtemps une coutume dans les églises orthodoxes. Pendant la période pascale qui dure de la nuit de Pâques jusqu’à la Pentecôte, les orthodoxes se saluent à la place des salutations habituelles de la manière suivante : l’un dit “Le Christ est ressuscité !”, et l’autre répond “Vraiment, Il est ressuscité !”. Cette salutation pascale se fait souvent en plusieurs langues, pour manifester l’unité de l’Orthodoxie au-delà des différentes cultures nationales. Cette pratique orthodoxe a été introduite dans plusieurs églises catholiques romaines, surtout dans celles qui ont un lien fort avec les églises orthodoxes. Un bon exemple, je dirai, pour notre paroisse de tous les saints à partir de l’année prochaine.

Pourquoi cette phrase est-elle si importante, pourquoi est-ce  en fait la phrase la plus importante de notre vie ? L’apôtre St. Paul nous l’explique dans son épitre aux Romains – et ceux qui ont fait leur prière du matin, le lundi dernier se rappelleront – : « si de ta bouche, tu affirmes que Jésus est Seigneur, si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé. Car, dit l’apôtre, c’est avec le cœur que l’on croit pour devenir juste, c’est avec la bouche que l’on affirme sa foi pour parvenir au salut. »

Peut-être vous vous direz : pourquoi cette insistance sur cette phrase, c’est quand-même clair et c’est ce que les chrétiens croient depuis toujours? Il est vrai que cette phrase fait partie de notre profession de foi telle qu’elle a été approuvée au concile de Nicée-Constantinople en l’an 325. Mais avant et après ce concile il y a eu beaucoup de gens qui doutaient de la résurrection du Christ. Déjà le matin de Paques les apôtres ne pouvaient le croire quand les femmes revenaient du tombeau vide. Et dimanche dernier nous avons entendu que l’apôtre Thomas voulait d’abord avoir une preuve physique et réelle avant de croire à la résurrection. Dans notre temps où nous nous sentons fort et où la plupart de l’humanité ne croit qu’en la science, la résurrection est pour beaucoup de gens un conte de fée, une fable.

Mais pour nous, ici au Bon Berger, nous qui allons exprimer dans quelques instants comme chaque dimanche notre profession de foi, que veut dire la résurrection ? Croyons-nous à la résurrection? Et si nous n’y  croyons pas ou bien pas toujours ou bien nous avons des doutes, est-ce-que nous serons condamnés dans ce cas-là?  Est-ce-que c’est un péché, douter de la résurrection, douter del’existence de Dieu car la foi en la résurrection est en fait la foi en Dieu, un Dieu tout-puissant. Un dieu qui peut réaliser la conception immaculée et qui peut ressusciter son fils mais aussi toute autre personne de la mort selon le credo de notre église.

Croire en  Dieu, croire en  la résurrection demande une grâce, la grâce d’avoir reçu la foi. Car par notre intelligence seule, notre intelligence humaine, nous ne pourrons jamais arriver à la foi en Jésus-Christ. Il faut que l’Esprit Saint mette dans nos cœurs –chaque jour de nouveau – la grâce de la foi. Et il faudra  alimenter cette foi chaque jour par des prières, des méditations mais aussi par des actes envers notre prochain. Et par notre participation aux sacrements, comme aujourd’hui àl’eucharistie.  Avec tous ces moyens nous  pouvons espérer que notre foi restera solide, restera forte. Car les menaces sont grandes de perdre notre foi, dans notre monde laïque, ce monde qui ne croit qu’en des preuves scientifiques.

Et qu’est-ce-qui se passe pour ceux qui doutent? Et pour ceux qui ne croient pas du tout? Pour un moment ou pendant une longue période? Je dis souvent qu’ils sont en bonne compagnie. Beaucoup de saints ont connu des périodes de doute. Prenons l’exemple de mère Térésa qui a connu plus de 20 ans de doute, 20 ans où elle ne sentait rien. Et quand-même l’église l’a canonisé, il y a deux ans. Le  doute fait partie des épreuves de notre vie terrestre. Il est provoqué par l’adversaire qui a beaucoup d’influence dans notre société moderne. Ce doute peut rendre notre vie très difficile et douloureuse. C’est pourquoi il faudra toujours prier pour ceux qui doutent ou qui ne croient pas.

A ceux qui doutent, à ceux qui ne croient pas en la résurrection je cite mon ancien évêque, le cardinal Simonis, qui nous disait toujours : continuez à prier, continuez à lire la bible et continuez à faire de bonnes œuvres et un jour la foi viendra, reviendra, la lumière rentrera. Toute personne qui doute, et même toute personne qui ne croit pas, n’ est pas  condamné par le simple fait de ne pas croire ou bien de ne pas assez croire. Rappelons-nous comment Jésus a décrit le dernier jugement en Matthieu 25. Il reviendra un jour et nous serons tous mis devant lui. Et il ne demandera pas combien de doutes nous avons eu, même pas combien de péchés nous avons fait. Car il a effacé tous nos péchés par sa mort. Il demandera seulement qu’est-ce-que nous avons fait pour notre  prochain. Car tout ce que nous avons fait pour eux, nous l’avons fait pour lui.

« Le Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité! » Cela veut dire : il a effacé nos péchés. Il nous a libéré de toute angoisse pour le dernier jugement, de toute angoisse pour la mort. Cela, c’est le message joyeux, le message salutaire d’aujourd’hui et de tous nos jours sur la terre. Prions pour ceux qui doutent, prions pour ceux qui ne croient pas pour qu’ils reçoivent la grâce de la foi. Afin qu’eux aussi, soient dans l’allégresse car le Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité. Et nous par lui, avec lui et en lui.

Amen.

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