Homélie du jeudi 1er novembre 2018 | Tous les Saints 2018

Chers amis, Toussaint est la fête de tous les saints au ciel. Cela fait poser la question: qui sont ces saints ? Mais Toussaint est aussi la fête de tous ceux sur terre qui ne sont pas encore saints mais qui peuvent le devenir. Cela fait poser une deuxième question: comment peut – on devenir saint ? Je vous propose d’explorer ce soir ces deux aspects de Toussaint et ces deux questions clés qui sont d’une importance capitale pour nous tous sur terre.

D’abord la fête de tous les saints au ciel. Nous les catholiques, nous pensons toute de suite à la canonisation de certaines personnes bien connues dans notre histoire. Comme Mère Teresa,  le pape Jean-Paul II et récemment le pape Paul VI et l’archevêque Oscar Romero. Mais ce ne sont pas que des femmes et des hommes de l’église qui sont canonisés, heureusement pas. Car la sainteté est dans la domaine du possible de tous les laïcs. Je pense toute de suite à Joséphine Bakhita, la première sainte africaine, une ancienne esclave au Soudan. Je la connais un peu plus car elle était la sainte patronne d’une communauté catholique africaine francophone ici à la Haye comme certains parmi vous se souviendront sans doute. Avec le p. Jean-Pierre Akuesson, j’ai accompagné cette communauté pendant un bon nombre d’années.

Qui sont les saints au ciel, cela, c’était ma première question. La réponse se trouve dans la première lecture de ce jour, l’Apocalypse de St. Jean. Dans sa vision,  il y a deux groupes que l’apôtre nous décrit. D’abord les 144.000 venant des 12 tribus d’Israël. Cela est important de se réaliser que le peuple d’Israël reste toujours le peuple choisi par Dieu à condition qu’il suive la Thora. Puis il faut constater que ce ne sont pas les chrétiens qui sont les premiers saints au ciel mais les juifs. Et ils sont 144.000. Ce nombre n’est pas un nombre spécifique mais il signifie une grande multitude. Il s’agit en effet de 12 fois 12 fois mille. 12 est le nombre de la plénitude et le nombre des tribus d’Israël et le nombre mille augmente la notion de plénitude. En fait tous les juifs sont prédestinés pour la sainteté. A eux de remplir les conditions.

Puis St. Jean nous parle d’un deuxième groupe de saints, une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues. Dans cette foule se trouvent les  milliers de saints et de saintes que notre église a canonisés. On n’en  sait pas exactement le nombre mais ils doivent être entre 5000 et 10.000. On peut constater que la foule que St. Jean décrit, est beaucoup plus grande que ces saints canonisés. Il y a parmi eux très probablement beaucoup de gens que nous connaissons : membres de nos familles, amis, personnes connues dans l’histoire comme Albert Schweizer, Florence Nightingale et Nelson Mandela. En principe toute personne qui a vécu ou qui vit maintenant, peut devenir saint et peut faire partie de cette grande foule. Chrétiens mais aussi non-chrétiens. A condition que leurs  vêtements soient lavés dans le sang de l’agneau, autrement dit: qu’ils aient suivi dans leur vie sur terre le grand commandement de l’amour envers Dieu et son prochain. Et même ceux qui ne l’ont pas fait ou ne l’ont pas toujours fait, auront encore la possibilité d’y arriver, notamment en demandant pardon au dernier moment . Peut-être  passeront – ils d’abord au purgatoire mais avec l’aide de nous tous sur terre sous forme de prières ardentes ils y arriveront, nous pouvons le croire.

Passons maintenant à la deuxième question : comment pouvons- nous devenir saints ? Afin que nous rendions cette terre plus juste, plus miséricordieuse et plus belle. Et afin que le Christ nous ouvre, un jour, avec joie les portes du ciel. La réponse est simple dans la théorie mais difficile dans la pratique de tous les jours. C’est en mettant en pratique le plus grand commandement, le commandement d’aimer Dieu avant tout et son prochain comme soi-même. Ce commandement est en théorie facile à comprendre mais la question est toujours : jusqu’à où dois-je aller afin de le mettre en pratique. Jésus nous donne dans l’évangile d’aujourd’hui – le début de son fameux sermon sur la Montage – une série d’exemples qui nous montre le chemin vers notre salut. Ce sont des exemples que nous n’attendons peut-être pas, des exemples qui ne sont pas reconnus dans le monde comme facteurs de succès. Mais ce sont des exemples qui marquent notre foi chrétienne, des exemples qui élèvent les humbles et qui renversent les puissants de leur trône, comme le chante Marie dans son Magnificat. Car cela, c’est le royaume des cieux, cela, c’est la justice que Dieu annonce dans la bible et qu’il pratiquera au dernier jour. Ce sont des exemples surprenants: être pauvre de cœur, être doux, avoir faim et soif de la justice, être miséricordieux, avoir un cœur pur, être artisan de paix, être persécuté pour la justice, être insulté et être accusé faussement à cause du Christ. Ce sont tous des douces forces qui sont désormais toutes contraires à l’esprit de notre société quotidienne, où les faibles sont piétinés et les douces forces sont considérés comme une manque au lieu d’une force.  La norme de notre société semble d’être l’insulte et le mépris de tous ceux qui ne partagent pas notre opinion, qui ont une autre culture, qui n’ont pas réussi dans leur vie professionnelle. Jésus nous dit dans son enseignement sur la montagne que ce ne sont pas des normes du ciel. Sa justice et celle de son Père remettront droit un jour ce que sur terre a été poussé de travers. Ceux qui ont été oubliés, négligés, traités avec mépris, peuvent s’accrocher à cette promesse qui  tiendra, comme chaque promesse de Dieu.

Si l’on pense profondément sur le but de notre vie, surtout quand nous avançons en âge , le but ne peut pas être d’avoir gagné plus d’argent que les autres ou bien plus de gloire ou plus de pouvoir. Comme le dit le psalmiste, tout cela disparaitra et n’aura plus d’importance. Tachons de suivre le Christ dans son approche des Béatitudes, tachons d’être des artisans de paix avec un cœur pauvre, un esprit doux, pleine de miséricorde. Pour que nous soyons purifiés dans le sang de l’Agneau .Et nous serons tous saints. Le jour de Toussaint nous rappelle cette vérité. Toussaint, jour de gloire, maintenant et pour l’éternité.

Amen.

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