Edito, le mot du Père

Edito, le mot du Père

Quelques défis pour notre paroisse à la lumière de l’Évangile !

Et si vous ne saluez que vos frères,
que faites-vous d’extraordinaire ?
Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? (Mt 5,47)

Cette parole de l’Écriture doit nous interpeller. En effet, nous ne nous réalisons pas toujours à quel point le premier accueil des hommes et des femmes qui viennent à nous peut être déterminant. Parfois, il est bon de se mettre à la place de l’autre. Quelle serait ma réaction si personne ne m’adresse une parole de bienvenue ou d’aurevoir ? Cela peut faire très mal. Aussi devrions-nous tous porter le souci d’accueillir celui qui vient pour la première fois, plutôt que d’avoir, en cercle fermé, une conversation avec ceux que nous connaissons. Arriver et repartir sans avoir été reconnu comme un frère, est-ce normal ? Ne soyons pas comme les païens !
Jésus les appela et dit : « Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave. Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude.» (Mt 20, 25)

Le service fait partir de l’ADN du chrétien. Je voudrais d’abord remercier de tout cœur l’ensemble des serviteurs de la paroisse, ce qui concerne un bon nombre d’entre vous. Chacun devrait se poser la question : « Suis-je au service ? » Les défis sont importants, et nous n’aurons jamais assez de serviteurs. Nous embauchons !
Mais l’esprit dans lequel nous rendons service est aussi important. Il ne peut s’agir, nous dit Jésus, de faire sentir un pouvoir, comme le font les « grands » de ce monde. Le Seigneur est venu pour servir et donner sa vie. Est-ce cela qui habite mon cœur ? Savoir, par exemple, accepter de bon cœur de remettre son tablier de service à un autre, cela fait partie de cet état de serviteur. S’accrocher à un service signifie parfois qu’on l’exerce comme un pouvoir. Céder sa place en se réjouissant de la céder à un autre est un geste d’humilité. Et accepter, par amour pour ses frères et sœurs, d’être appelé à un autre service est une véritable bénédiction pour la conduite d’une paroisse.

Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager (Luc,18,1)

Dans la vie du chrétien, il y a essentiellement deux formes de prière. La première est la prière communautaire ; c’est-à-dire essentiellement la messe, les temps d’adoration ou encore l’Office chaque jour (Laudes, Prière milieu du jour, Vêpres…). L’apôtre nous demande de ne pas délaisser nos assemblées ! La prière communautaire est un moment où tous se réunissent pour louer Dieu, écouter sa Parole et recevoir le Corps du Christ. Il s’agit d’être un seul cœur et une seule âme, tendus vers Dieu. Là, les forts portent les faibles ; là se construit la communauté chrétienne à travers la fraternité et le pardon ; là nous recevons la Parole de Dieu pour nous édifier ensemble ; là nous prions les uns pour les autres ; là nous recevons l’Esprit Saint ; là enfin, nous sommes envoyés en mission. Mais il y a aussi la prière personnelle, où Dieu nous attend dans le secret d’un cœur à cœur essentiel pour notre vie de disciple-missionnaire. Chaque jour, efforçons-nous de consacrer un temps à la prière personnelle afin de tout vivre sous le regard de Dieu. Prière communautaire et prière personnelle : de quoi marcher à la suite du Seigneur sans nous décourager.