
« Je mettrai en vous mon propre Esprit »
Ez 36,27


Ont été confirmés par
Monseigneur Jan Thomas Limchua
| Daniela Acevedo | Florence Estublier |
| Taissiia Boulard | Nicolas Fernandez Olivera |
| Mahé Bruneau | Sangueth Fieni |
| Béatrice Comon | Arthur Hannecart |
| Elizabeth Comon | Victor Laroque |
| Marcel Dacosta | Saana Ory |
| Miguel Dushime Mugabo | Yann Rouxel |
L’homélie de Monseigneur Jan Thomas Limchua
Homélie
Solennité de la Pentecôte
Messe de la Confirmation
Paroisse de Tous les Saints
24 mai 2026
Chers frères et sœurs dans le Christ,
En cette fête de la Pentecôte, nous sommes réunis pour célébrer non seulement le don de l’Esprit Saint répandu sur les apôtres, mais aussi le don que ces jeunes vont recevoir aujourd’hui dans le sacrement de la Confirmation.
Je voudrais d’abord vous remercier pour l’invitation à présider cette célébration. Merci particulièrement au père Marc Le Roy, à l’équipe pastorale, aux catéchistes, aux familles, ainsi qu’à tous ceux qui ont accompagné ces jeunes avec foi et générosité sur leur chemin vers la Confirmation.
Et merci aussi à vous, chers confirmands, pour les lettres que vous m’avez envoyées. Je les ai lues avec beaucoup d’attention. Ce qui m’a touché, c’est qu’au-delà de vos parcours différents, on retrouvait souvent la même recherche : le désir d’une vie plus vraie, plus profonde, plus solide. Beaucoup d’entre vous parlaient du besoin de trouver une force intérieure au milieu du bruit du monde, du besoin d’être guidés dans une époque où il devient parfois difficile de savoir ce qui mérite vraiment notre confiance.
Et je crois que cette recherche rejoint profondément le sens de la Pentecôte.
Car la Pentecôte commence dans le bruit. Les Actes des Apôtres nous disent que l’Esprit Saint est venu « comme un violent coup de vent ». Ce vent n’est pas seulement une image spectaculaire. Le vent dérange, il déplace, il oblige parfois à quitter ce qui semblait stable. Et peut-être est-ce cela que beaucoup ressentent aujourd’hui : l’impression de vivre dans un monde où tout change vite, où les repères deviennent fragiles, où l’on peut facilement perdre le sens de ce qui compte vraiment.
Il faut reconnaître que grandir aujourd’hui n’est pas simple. Beaucoup de jeunes portent des peurs silencieuses : la peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas être aimé pour ce que l’on est vraiment, de ne pas trouver sa place. Et ces peurs sont souvent amplifiées par les influences permanentes qui traversent notre société.
Nous vivons dans une culture où l’on apprend très tôt à se comparer. Comparer son apparence, ses résultats, sa vie, son bonheur. Les réseaux sociaux donnent parfois l’impression que les autres sont plus heureux, plus beaux, plus sûrs d’eux. Peu à peu, beaucoup finissent par croire que leur valeur dépend du regard extérieur.
Mais lorsqu’une personne passe son temps à devoir prouver sa valeur, elle finit souvent par perdre le contact avec son propre cœur. On apprend à construire une image de soi, mais plus difficilement une vie intérieure.
Et c’est précisément là que l’Évangile devient une parole profondément actuelle.
Lorsque Jésus rejoint ses disciples après la résurrection, il les trouve enfermés derrière des portes closes. Les disciples sont enfermés dans leur peur, dans leur confusion, dans leur déception. Et pourtant, c’est là que le Christ vient les rejoindre. Sa première parole est : « La paix soit avec vous. »
Avant de leur demander quoi que ce soit, Jésus leur donne la paix. Non pas une paix superficielle, mais quelque chose de beaucoup plus profond : la certitude qu’ils ne sont ni seuls, ni abandonnés, ni réduits à leurs peurs. Puis Jésus souffle sur eux et leur donne l’Esprit Saint.
Chers confirmands, aujourd’hui ce même Esprit vous est donné.
La Confirmation n’est pas simplement une étape ou une tradition familiale. C’est le don d’une force intérieure. Une force qui permet de vivre autrement dans un monde qui exerce sur nous tant d’influences contradictoires.
Et peut-être qu’aujourd’hui, l’Esprit Saint vous invite à suivre trois chemins pour vivre votre foi dans ce monde souvent bruyant et confus.
Le premier, c’est apprendre le silence intérieur. Le monde vous maintient constamment dans le bruit et les distractions. Mais l’Esprit Saint parle souvent discrètement. Et si toute votre vie est remplie de bruit, vous risquez de ne plus entendre l’essentiel. Le silence n’est pas un vide ; c’est l’endroit où vous découvrez que votre valeur ne dépend pas du regard des autres, mais du fait que vous êtes aimés de Dieu.
Le deuxième chemin, c’est choisir la communion plutôt que la comparaison. À force de se comparer, le cœur devient inquiet et fragile. Mais à la Pentecôte, il y a plusieurs langues de feu et pourtant un seul Esprit. Dieu ne veut pas effacer les différences ; il veut les éclairer de l’intérieur. Vous n’avez pas besoin de devenir quelqu’un d’autre pour avoir de la valeur. L’Esprit Saint ne vous demande pas d’être parfaits ; il vous aide à devenir pleinement vous-mêmes.
Enfin, le troisième chemin, c’est avoir le courage de vivre autrement. Après la Pentecôte, les disciples ne restent plus enfermés. Le vent de l’Esprit change leur direction intérieure. Aujourd’hui aussi, il faut du courage pour rester vrai dans une culture des apparences, pour rester fidèle dans un monde qui a peur des engagements durables, pour rester bon dans une société parfois dure et cynique.
Le monde n’a pas besoin de chrétiens parfaits. Il a besoin de jeunes habités par quelque chose de plus profond que la peur, plus solide que le regard des autres, plus fort que les influences du moment.
Chers confirmands, aujourd’hui vous recevez le sceau de l’Esprit Saint. N’ayez pas peur d’ouvrir votre cœur à ce souffle de Dieu. Car l’Esprit Saint transforme encore la peur en courage, la confusion en lumière et le bruit du monde en paix intérieure.



