L’Artisan de Paix et le Frère du Pauvre

L’Artisan de Paix et le Frère du Pauvre

Le 10 juin au soir, nous aurons « une heure pour la paix » à l’occasion de la visite des reliques de Thérèse de Lisieux. Savez-vous que de nombreux soldats, alliés aussi bien qu’Allemands, ont témoigné combien ils avaient senti qu’ils avaient échappé à la mort grâce à l’intercession de Thérèse. Ces centaines de témoignages ont été déterminants pour la béatification de notre sainte. Une veillée pour la paix germait dans nos cœurs.

Et d’autre part, cette année, nous allons célébrer le 125ème anniversaire de la première Conférence pour la paix, tenue à La Haye en 1899, à l’initiative de la Russie… Rien que ça ! Cette conférence va donner à la ville de La Haye un statut spécial pour promouvoir la paix dans le monde. Comment ne pas mettre ensemble ces deux événements ? Ainsi, notre veillée « une heure pour la paix » prend toute sa force et son sens au cœur de cette ville de La Haye. Thérèse a touché bien des cœurs pendant l’horreur de la guerre. C’est pour que la guerre ne soit plus la solution des conflits que des hommes s’efforcent cahin caha de rechercher la paix et de la poursuivre ! Aussi, nous voulons inviter tous les hommes et femmes de bonne volonté à crier leur désir de rechercher la paix.

D’autre part, une paroissienne m’a donné un livre de Jérôme Cordelier : « Après la nuit », dont le sous-titre est : « Ces chrétiens qui ont reconstruit la France et l’Europe. » Ce sont des témoignages qui m’ont beaucoup touché ! Permettez-moi de lancer un appel qui me brûle le cœur. Qui veut encore dans cette Europe, brisée par la guerre et la haine, être artisan de paix ? Où sont les chrétiens dans cette ville de La Haye qui veulent bien mettre leur intelligence, leur charisme, leur don pour promouvoir la paix dans notre monde déchiré. Il est des jours où on se demande pourquoi « on » est ici alors que nous ne l’avions pas imaginé un seul instant ? Cette veillée « une heure pour la paix » éveille en moi le désir de lancer un défi à chacun et chacune d’entre nous ! Et si le Seigneur nous invitait à créer une vraie dynamique pour la paix ? Que le monde ancien s’en aille et qu’un monde nouveau advienne. Utopie ? Peut-être, mais ce sont ceux qui osent rêver grand et commencer petit qui font bouger les choses. Est-ce que vous vous sentez concernés ? Alors, mettons-nous ensemble pour apporter notre pierre à la construction de la paix par l’intercession de Thérèse ! Elle a demandé à Dieu de pouvoir passer son ciel à faire du bien sur la terre. Elle intercédera pour nous si nous voulons oser croire que nous pouvons être l’embryon d’un mouvement pour la paix. Vous connaissant un peu mieux, je me dis qu’il y a tellement de capacités parmi nous pour réfléchir et discerner comment faire avec audace et sagesse, en étant prêts à donner notre vie pour cela. Je laisse cette interpellation et ne peux qu’attendre que vous me fassiez signe.

Une autre rencontre m’a bouleversé. Ce fut avec une ambassadrice, ici à La Haye. Sa question m’a vraiment touché : « Connaissez-vous des personnes dans la précarité matérielle ou morale… Car nous voudrions mettre en place un service d’entraide pour eux ». Et, en même temps, un jeune me demandait s’il y avait, dans la paroisse, un tel service où il pourrait se dévouer. Depuis lors, ces questionnements travaillent mon cœur. Je me rappelle alors cette parole de Jésus : « Des pauvres, vous en aurez toujours parmi vous ». Je me suis demandé : où sont-ils et comment les trouver ? Il y a la pauvreté matérielle, morale, intellectuelle, spirituelle… Et ce sont mes frères et mes sœurs. Comment voir les pauvres Lazare qui gisent à notre porte ? Comment être le bon Samaritain qui, sur sa route, voit son frère dans le besoin, s’arrête et paie de sa personne pour prendre soin de ce blessé de la vie ? Saint Jean nous dit dans sa 1ère lettre : « Celui qui dit aimer Dieu, qu’il ne voit pas, alors qu’il n’aime pas son frère qu’il voit, est un menteur ». Permettez-moi ici aussi de lancer un appel à toutes les bonnes volontés pour ouvrir les yeux et prendre soin de celui qui, sans aide, ne peut sortir de sa pauvreté, quelle qu’elle soit. N’avons-nous pas assez de ressources à mettre ensemble pour réfléchir et aller à la recherche de celui qui se cache pour masquer sa honte d’être démuni, parfois même de tout. Que faire et qui veut bien se lancer dans cette voie de la générosité et de l’entraide fraternelle ? Thérèse aussi savait voir qui était dans le besoin. Elle avait remarqué la pauvreté spirituelle du cœur de Pranzini et elle a crié vers le ciel pour qu’il découvre la miséricorde du Seigneur. Elle priera aussi pour nous si nous voulons aider nos frères et sœurs dans le besoin, peu en importe la nature. D’ailleurs, la pauvreté spirituelle conduit bien souvent à l’assèchement du cœur et a un repli sur soi, chez celui qui ne voit plus le frère ou la sœur qui est à sa porte. Qui veut donc s’engager ?